jeudi 9 octobre 2008

Je l'ai appelée Sadhana...

Grand bon en avant. Quelques semaines écoulées, plein de choses à dire, trop.


On est jeudi, le 9 octobre. Je rentre. Attends, je rentre, oui je rentre en Inde, dimanche prochain. T'as raté un épisode? C'est normal, j'avais la flemme d'écrire. Et puis, c'est une belle histoire, il faut quand même la raconter. Donc je rentre en Inde, comme si c'était chez moi, dimanche, là. En fait c'était censé être chez moi pendant 5 mois. Mais mon appendice en a décidé autrement.

Flashback, Flashdance.

Mardi 2 septembre.
Réveil difficile à raisons multiples (RDRM). D'abord un week-end tristouille bourré de départs, des Japonais à Birgit et Sébastien - ces derniers fourbes s'en vont pour les îles paradisiaques du Sud -, en passant par Lucy. Ensuite semaine en perspective déprimante à l'idée des autres départs, John, les Américains - Morgane et ses nombreuses tentatives Why don't you stay here? n'y feront rien. Enfin, et peut-être surtout, lundi harrassant à passer la journée à se remettre de fièvre et maux de tête résistants. Pourtant le lundi soir, Doliprane et homéopathie semblaient avoir leur petit effet, je me sentais presque prêt à retravailler le lendemain.

Certes. En fait je me lève ce mardi avec plus de fièvre et plus de maux de tête. Un petit détail s'ajoutant à ça : une douleur en bas du ventre à droite. Wake-up call. Les douleurs déjà m'ont révéillé. Pas de bonjour, juste un : "Morgane, t'as déjà eu l'appendicite?" "Putain mais il me fait quoi ce mec!!!"
Au début c'est drôle, je me dis que ça peut pas être ça, enfin un peu. Puis on se lève, je décide de ne pas travailler, d'aller voir le médecin que Derek avait vu, à Auroville, au centre de soins. Morgane m'y accompagnera, on monte dans le taxi qui emmène Tal sur la route du Népal. Je ne savais pas alors que ce serait la dernière fois que je verrais Sadhana Forest avant mon retour dimanche 12 octobre...
Les douleurs portaient bien le nom de crise d'appendicite, le médecin d'Auroville m'envoie bien vite en recommandé à PIMS hospital, the Pondichery Institute of Medical Sciences, leur CHU quoi. Ok Morgane s'occupe de tout, elle a l'air d'aimer être sur le qui-vive. En attendant le taxi, une femme française vient me rassurer - comment ça, j'ai pas l'air rassuré? - en disant qu'elle a eu deux enfants ici, que tout va bien se passer. Ouai ouaiiiiii. Bon ok je flippe un peu ma race, c'est pas comme si j'étais jamais passé sur le billard.
J'ai décidé de ne pas appeler mes parents, j'ai la larme trop facile. Finalement Morgane préviendra tout le monde, puis tout le monde préviendra le reste du monde. J'en suis à donner des nouvelles de ma santé aux mamans des copains de mon petit frère.
Opération prévue pour le début d'aprem. Morgane me soutient grave. Je me fais raser des genoux aux aisselles, je comprends pas pourquoi toute cette surface... Opération, direction le bloc. Avant d'entrer on me demande quel mode d'anesthésie je veux recevoir. Euh comme ça, à 2 minutes de l'opération? Générale coco, générale. Bon je suis prêt, faites moi compter jusqu'à 10. Vous le faites pas chez vous? Ah...

Merci, la photo au reveil!

Trois jours de plus à l'hopital, trois piqûres toutes les 2h. Perfusion merdique, on la change trois fois. Prise de sang avec deux infirmières, pas de quoi s'embarrasser d'un élastique, une me serre le bras, l'autre me pique. Mes amis me rendent visite, Morgane, Juana, Patrick, Adrien...
Puis j'ai le droit de partir, enfin. Je traine pas mal des pieds mais je suis content de partir. Morgane encore et toujours s'est chargée de réserver un hotel à Pondi. Week-end fou, cinéma à l'Alliance française, shopping, marche, cuisine occidentale, je vis!

Ce qu'on sait faire le mieux avec Morgane, c'est dormir.

Puis, la rechute le lundi, fievre, mal de tete, j'ai chaud. Pourtant tout allait bien, on venait de prendre un petit appart' a Pondy, pour vivre mieux, nous preparer nos plats, avoir une mega terrasse et un chat. Coupe-coupe des fils le mardi. Medocs le mercredi.

Le salon et le chat...

Je cherche une guest house typiquement coloniale pour etre un peu seul, parce que Morgane et moi aimons etre seuls de temps en temps. Toc, toc, toc! Qui est la? Le facteur? Non, c'est Olivier qui bourrine la porte de sa guest house que son jeu de clefs ne veut pas ouvrir. Une demi-heure que je frappe, enchainant les please, s'il-vous-plait, il y a quelqu'un? du ton tout a fait detache a la version totalement desesperee. Abandon dans un fauteuil en osier devant l'entree. Retentative, tiens ca ouvre! Est-ce que t'as honte? 20 marches, 3 sacs, 20 kg, 4 nuits. Ah oui, a partir de la, je boite, et je mets un quart d'heure pour me lever de mon lit. Infection post-operatoire qu'on me dit le samedi. Il est content le gars.

Le fauteuil de l'Abandon.

Le gramophone, le must du style colonial!

En fait il stresse un peu, il crise meme, il appelle sa famille, sa famille lui dit de rentrer. Il se fait pas prier du coup. Un avion le lundi, et arrivee le mardi. Comme ca, tiens t'as vu! Aussitot dit, aussitot fait, enfin presque... Oui parce qu'il a fallu faire le choix du vol : Chennai - Delhi / Delhi - Paris avec Air India. Départ de Chennai 20h, le 15 août.

Bon bam bam, on fait sa valise, on va dire au revoir a Momo quand même parce qu'elle va nous manquer, et qu'on avait laissée dans le bel appart' qu'on avait trouvé, on ne réalise pas du tout, on appelle son maître de stage, on lui demande le num d'un taxi pour aller direct de Pondi à l'aéroport de Chennai. Le matin du jour J, petit déj' avec Sylvain, le proprio de la guest house, 32 ans, vit a Pondi depuis 3 ans, 2 guest houses, un restau, LE bar de Pondi...

Je comprends pas trop, je rentre en France, un peu ému. Et puis hop, je saute dans l'avion pour Delhi, un hic, il a du retard, je me dis que c'est pas grave, ils ont prévu le temps pour la correspondance.

Je me trompe, forcément. Trop de retard, on ne m'a pas attendu, là je commence a paniquer, j'ai envie de pleurer j'avoue dans cet aéroport de merde, où le supervisor de la compagnie ne veut pas me réserver un autre billet pour le lendemain, et me renseigne trop mal sur la démarche a suivre.

Forcément un type passe par là, profite de mon désarroi, je monte dans son taxi, il me ballade, m'emmène voir une agence de voyage ouverte de nuit, louche. Merde, je veux pas acheter un autre billet, Air India est en faute, ils doivent me donner un autre billet!

Du coup, le type m'emmène a un hotel a 200€ la nuit stp, je craque, je suis exténué, je boite, je crise, je prends. Je me couche trop tard, genre 2h du matin, pour me lever a 9h, et me rendre au putain de bureau de réservation de Air India, en plein centre ville, paye ton taxi pour y aller, le con il me lâche avec mes bagages comme ça, j'ai même pas le droit d'entrer dans le bureau de réservation avec mes bagages, que je dois laisser à l'entrée, Vigipirate de mes ... J'attends 2h pour que l'histoire du billet soit réglée. Ah oui l'agence est située a Connaught place, là où il y a eu des attentats deux jours plus tôt...

Retour à l'aéroport international pour une journée d'attente, avec dans la salle un mec qui rote comme un gros porc, rhaaaaaaaa je veux embarquer! Finalement ca y est j'embarque, avec s'il-vous-plait, Rama Yade en business class... C'est l'info potin du post.

Retour a ma Normandie cherie, qui l'eut cru, chapeau pointu, saperlipopette, scrogneugneu de scrogneugneu. Je montre ma cicatrice tout fier a ma famille qui finira par faire une fixette sur ma perte de poids incontrolee (6kg en moins je pensais pas que ca se verrait...). Je l'ai appelee Sadhana...

Aucun commentaire: